Article des Dernières Nouvelles d’Alsace du 10 juillet 2022
Avec Le crime se cache dans les détails , le Strasbourgeois d’adoption Jean-Luc Ithié signe un troisième roman qui entremêle ses deux passions : l’art et le polar. Une invitation à (re)découvrir les musées de la capitale alsacienne.
Une organisation criminelle internationale spécialisée dans le trafic d’œuvres d’art, une brigade du SRPJ de Strasbourg confrontée à des prises d’otages nécessitant des connaissances en histoire de l’art pour éviter aux malheureux une mort certaine et un enquêteur dont le lointain passé amoureux remonte brutalement à la surface : la trame du dernier roman de Jean-Luc Ithié, Le crime se cache dans les détails , tire résolument vers le thriller.
De l’Occitanie à l’Alsace…
Son récit se pimente d’une petite tonalité sadique, qui voit les otages soumis au risque d’explosion sur la voie publique quand la police se révèle incapable de répondre aux questions des ravisseurs. Ces derniers cherchent leur morbide inspiration dans les collections des Musées de Strasbourg. Le lecteur ricoche ainsi d’une mélancolique Grande Vanité de Sébastien Stoskopff à la Giulietta , le ready-destroyed très radical de Bertrand Lavier, en passant par l’iconique Belle Strasbourgeoise de Nicolas de Largillière.
Avec en prime des rébus à déchiffrer qui revisitent les rues du Vieux Strasbourg.
« J’ai remarqué lors de mes rencontres avec le public liées à mes deux précédents romans, combien les gens sont attachés à des endroits qu’ils connaissent. Ils apprécient de les voir apparaître dans des fictions », commente Jean-Luc Ithié. Qui entend aussi inciter ses lecteurs à découvrir le patrimoine muséal strasbourgeois. « Pour moi, il est impensable de faire du tourisme dans une ville sans visiter ses musées. Mais je sais que ce n’est pas le cas de tout le monde. C’est la raison pour laquelle j’ai tenu à mettre l’accent dans mon roman sur des œuvres fortes des collections strasbourgeoises. Si cela peut inciter des lecteurs, Alsaciens ou non, à les découvrir en vrai, c’est tant mieux ! »
Ne pas s’enfermer dans le seul registre du polar

Originaire du sud-ouest de la France (Toulouse et son musée des Augustins apparaissent dans son récit), Jean-Luc Ithié a posé ses valises en Alsace il y a près de 30 ans, « après avoir rencontré mon épouse », précise-t-il avec un accent qui fleure encore bon l’Occitanie.
Photo © Jean-Didier Tiberghien
Publié par la parisienne maison d’édition Souffles littéraires, l’auteur n’en revendique pas moins sa double attache régionale. Qui marquera son prochain roman sur lequel il a déjà commencé à travailler. « Ce sera une sorte de diagonale allant de Strasbourg à Toulouse. Cette fois-ci, ce ne sera pas un polar mais plutôt une sorte de road movie avec pour toile de fond une France vue à travers le regard d’une adolescente de 17 ans », poursuit l’auteur, qui entend ne pas s’enfermer dans le seul registre du polar. Même si, promet-il, on retrouvera dans un prochain opus son enquêteur fétiche, le commandant Louis Lacombe, dont la formation initiale était l’histoire de l’art avant qu’il ne bifurque dans la police.
Ce qui offre à son univers cette singularité de l’horreur du crime entremêlée à la poésie de la création. « Apprendre en se divertissant », commente-t-il plus prosaïquement…
Le crime se cache dans les détails , par Jean-Luc Ithié, éditions Souffles Littéraires, 305 pages, 18 €
